Prorogation du mandat de l’IVD : Des députés s’opposent à la décision du bureau de l’ARP

TUNISIE | Des députés (1) du bloc démocratique ont déposé hier, 21 mars 2018, une demande auprès du Tribunal administratif pour empêcher la tenue, non respectueuse de la Constitution, de la séance plénière de l’Assemblée des Représentants du Peuple au sujet de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), prévue ce samedi 24 mars 2018. Néanmoins, selon Sami Ben Abderrahman, juge administratif à la retraite, la tenue d’une plénière est un « acte de gouvernement » et non « un acte administratif ». Rien ne peut donc empêcher la tenue de la plénière. 
IVD TA

Demande auprès du TA déposée le 21 mars 2018

Rappel du communiqué des ONGs de la société civile :
Suite à la décision de l’IVD de de proroger son mandat pour la durée d’un an, le bureau de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a adopté une décision non respectueuse de l’article 148-9 de la Constitution tunisienne et des dispositions de la loi organique n°2013-53 du 24 décembre 2013 relative à l’instauration de la justice transitionnelle et à son organisation.
En effet, le bureau de l’ARP a indiqué que la décision de prorogation du mandat de l’IVD serait une prérogative de l’ARP et qu’une assemblée plénière sera convoquée afin de soumettre cette décision au vote de l’ensemble des députés.
Le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple avait ainsi décidé la tenue d’une plénière ce samedi 24 mars, pour débattre de la décision de prorogation du mandat de l’IVD, et a convoqué la présidente de l’Instance, Sihem Bensedrine, pour motiver ce prolongement, et présenter des arguments devant une plénière qui votera la prorogation ou non, à une majorité absolue de 109 voix.
« Ni la Constitution tunisienne, ni le règlement intérieur de l’ARP ne donnent la prérogative au pouvoir législatif de décider du renouvellement du mandat de l’IVD. Ceci relève de la seule compétence de l’Instance. Celle-ci a motivé sa décision comme le dispose explicitement l’article 18 de la loi organique n°2013-53, »
C’est ce qu’affirment, sans équivoque, la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, Avocats sans Frontières et autres organisations de la société civile comme l’Association de Défense des Libertés Individuelles, l’Organisation Mondiale Contre la Torture, Labo’ démocratique, Association Al-Karama et le Réseau Tunisien pour la Justice Transitionnelle.
 Le Tribunal administratif ne peut empêcher la tenue de la séance plénière
Malgré la bonne volonté des députés pour faire respecter la Constitution, la décision de la tenue de la séance plénière est considérée comme un « acte de gouvernement » d’après Sami Ben Abderrahman, un juge administratif à la retraite.
Le Tribunal administratif ne peut agir qu’en cas d’acte dit administratif, notamment pour les cas de procédures d’urgence pour la suspension d’application d’une décision. Cependant, dans notre cas, nous sommes face à une institution souveraine, l’ARP, et on ne peut l’empêcher de tenir sa séance plénière.
Si le parlement décide de voter la non prorogation du mandat de l’IVD, bien que théoriquement il n’en a pas les prérogatives, « les députés devront déposer une demande d’annulation du vote auprès de l’Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi, vue que la Cour constitutionnelle n’est toujours pas mise en place« , précise M. Ben Abderrahman.
Mise à jour : Dimanche 25 mars 2018. 
Le Tribunal administratif n’a pas empêché la tenue de la plénière comme l’a prédit M. Ben Abderrahman dans l’explication susmentionnée.
En voici l’argumentaire publié par la députée Yamina Zoghlami que je remercie de partager l’information.
(1) : Ces députés du bloc démocratique sont Ghazi Chaouchi, Nooùmen Euleuch, Samia Abbou, Salem Labiadh, Imed Daimi, Mabrouk Lahrizi, Sabri Dkhil, Ibrahim Ben Said, Meghzaoui et Ridha Dalaï,
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Photo très significative entre l’Islam des traditions en Tunisie et l’Islam malékite

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Sur cette photo, tout le monde (Nidaa Tounes, parti au pouvoir, dit « laïque » par les médias occidentaux, et sa cour) récitent la Fatiha auprès du tombeau d’un « saint » sauf une seule personne, Abdel Latif El Mekki, médecin et homme politique du parti Ennahdha.

Contrairement aux autres, qui semblent plongés dans une prière solennelle, tête baissée, l’avant-bras avancé avec la paume tournée vers le ciel, El Mekki, lui, se démarque des autres. Il garde ses bras et ses mains baissés, tendus vers le bas, en position de repos, la tête haute, affichant une distance nette et résistant, par le corps, à ce qu’il considérerait comme des rituels de « chirk », d’association au Dieu, l’un des pires péchés qu’un musulman puisse commettre en créant un intercesseur avec son créateur.

Cette distance est remarquable puisqu’en Islam, le mot « Jassad » en arabe (corps) symbolise parfaitement, aussi bien au niveau graphique que sémantique, la symbiose de l’anagramme entre ce substantif et le verbe « Sajad » (se prosterner ) pour marquer l’exclusivité corporelle à la chose religieuse. Pour El Mekki, résister par le corps n’est ainsi qu’une manière naturelle pour célébrer l’unicité du Dieu.

Un peu plus loin, du côté gauche, on aperçoit les doigts croisés d’une femme, avec des ongles vernis, en rouge ! Une manière comme une autre pour signifier, sans le dire, qu’elle ne peut faire la récitation de la Fatiha, car « indisposée », peut-être : )

Et derrière puis devant, des mains, à peine perceptibles, occupées à accomplir le devoir professionnel, de presse ou de com’-qui sait- afin de filmer la mise en scène des représentants de l’Etat et afficher « leurs Islams », à leurs manières.

L’Etat tunisien devrait arrêter de gaspiller l’argent du contribuable avant de demander l’aumône pour nos soldats

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Je viens de recevoir, ce mardi 15 mars 2016, le numéro du compte  bancaire pour aider la caisse pour la lutte contre le terrorisme par e-mail …

Voici ma réponse :

Avec tout mon respect, que ce gouvernement arrête de prendre les Tunisiens pour des cons.
>650 000 dinars pour déplacer une foutue statue (d’après certains, à vérifier ; sinon ça serait bien d’avoir une déclaration du coût, une déclaration officielle ) ;
>plus de 6000 dt par MOIS pour la retraite des anciens ministres de ben ali (confirmé par Jebali) ;
>de nouveaux achats de voitures allant jusqu’à 100 mille dinars chacune (parlez avec Sarsar et Ben Sedrine, juste pour le « prestige » du foutu état);
>les salaires des PDG des banques ont quadruplés (Slim Chaker vous le dira) outre les injections d’argent dans des sociétés nationales défaillantes, argent du contribuable, des citoyens qui gagnent 100, 200, 400 dt, 600 salaire d’un prof, le top …1700 dt, salaire d’un juge par mois … alors que 100 dt pourrait servir à l’achat de 5 paquets de médoc …

La semaine dernière, j’ai rencontré un jeune de 21 ans, il a attrapé le HIV à 18 ans et galère pour avoir 150 dt par mois ! 150 dt pour lui c’est le luxe ! Sa famille l’a renié, pas de travail, etc… Un vendeur de lunettes à l’av., comme tant d’autres, vit dans la peur d’être attrapé par la police, parce qu’il serait illégal de gagner qq dinars, tellement de misère partout et après le gaspillage de tant d’argent par cet ETAT à qui personne ne fait confiance, on nous demande de faire des dons ??!! Les soldats n’ont pas besoin d’aumône ! Les soldats ont besoin de leur DROIT à une réelle répartition des richesses, comme tout ce peuple qui souffre et qui continue à boycotter, malheureusement, les élections laissant les corrompus gérer sa REPUBLIQUE.

ARRETEZ DE VOUS FOUTRE DE LA GUEULE DES CITOYENS !

A lire :

1-Slim Chaker : Les salaires des directeurs généraux des banques publiques seront multipliés par quatre et plus (Vidéo)

2-La retraite de Tekkari, Ben Dhia et « ces gens » est supérieure au salaire du chef de gouvernement, d’après Hamadi Jebali

 

Ennahdha a été destituée du pouvoir par le « Dialogue national » : Sommes-nous en paix ou en trêve ?

Ali LDans cette photo, publiée le 13 octobre 2015 sur facebook, l’ex-chef de gouvernement Ali Laaridh, actuellement secrétaure général d’Ennahdha, évoque le départ des compagnons de Mahomet de La Mecque vers la Médine, en 622 ap. J.-C.

« De la Mecque à Médine pour sauver la daaoua (la campagne de prosélytisme ) et continuer sa propagation »

M. Laaridh, leader par excellence du parti Ennahdha, a choisi de mettre cette photo en couverture de sa page officielle sur facebook pour fêter le nouvel an de l’Hégire. Cependant, il rajoute une phrase significative « Changement de positionnement pour sauver la situation et poursuivre le message (Al ressalla). »

Cette phrase s’apparente à une leçon politique qui définit, en une phrase concise, la stratégie du prophète des musulmans qui a choisi l’exil et le retrait en quittant la place du pouvoir, la Mecque. Il s’adresse aux adhérents d’Ennahdha mais plus précisément aux « fidèles musulmans ». Il s’agirait d’un message explicatif qui prend sa légitimité de l’hsitoire de l’Hégire et de la « sagesse prophétique ».  Il a pour contexte le flux de critiques de la base d’Ennahdha envers ses dirigeants qui ont refusé de présenter un candidat à la présidentielle, qui se sont placés en deuxième position au parlement (Lire le rapport de Crisis group sur les élections) et qui collaborent, depuis les élections de 2014, avec le parti au pouvoir Nidaa Tounes, main dans la main pour une même politique

S’agit-il d’un parallèle historique avec la situation d’Ennahdha, qui a été obligée, par le « Dialogue national » en 2013, de faire un « changement de positionnement » pour ne pas subir le même sort de Morsi, qui a été destitué par l’armée en Egypte suite à un coup d’Etat et « sauver la situation » ?

Si c’est le cas, il s’agirait d’une subdivision manichéenne entre « fidèles » et « infidèles » sur la scène politique tunisienne, le camp qui représenterait Mohamed et ses compagnons », et le camp qui représenterait « les mécréants de Quraych ». Si M. Laaridh procèderait à cette identification, ce qui semble être le cas, cela signifirait une division présupposant « la guerre » contre le « mécrant ». Peut-on comprendre que « le changement de positionnement » n’est autre qu’une « trêve » ?

Bref, nous avons gagné le prix Nobel de la paix ce 9 octobre … mais j’espère que le Quartette et la société civile feront raisonner les partis politiques en place pour dépasser ces divisions idéologiques et placer le débat autour de la citoyenneté et non des différences religieuses.

Les 100 jours miraculeux du gouvernement Essid selon Sigma conseil

NG

Selon le sondage de Sigma conseil, effectué entre le 25 et 27 avril, soit trois jours plus tôt, les Tunisiens pensent que le gouvernement de Habib Essid a réussi à 74,8 % » pour l’instauration de la sécurité ». 85,8 % pensent même que le rendement de Najem Gharsalli est « bon ».
Super Gov

De deux choses l’une : ou les Tunisiens contactés croyaient qu’on parlait de la Suède et non de la Tunisie qui vient de subir, entre autres, l’un des plus terribles attentats terroristes au Bardo… ou les gens contactés sont Suédois. Je garde ma foi en l’intégrité inébranlable des sondages de Sigma conseil, évidemment.

Hassen Zargouni, DG de Sigma conseil, a présenté, ce jeudi 30 avril, à Tunis, ce sondage en présence des ministres- du super gouvernement Essid-, Néji Jalloul, ministre de l’Education Said Aïdi, ministre de la Santé et Noomen Fehri, ministres des TIC. Et bien sûr, aucun parti de l’opposition n’a été invité pour applaudir les 100 jours miraculeux du gouvernement Essid.

Ministres zargouni

Le lapsus honteux de Béji Caid Essebsi : Le « 7 novembre » est bien une mentalité

Visite Joachim Gauk

Tunis |Béji Caid Essebsi s’est trompé ce lundi 27 avril face au président de la République Fédérale d’Allemagne, Joachim Gauck en faisant un lapsus honteux. En parlant de son prochain meeting avec Merkel, il a dit « 7  »novembre » au lieu de  7 juin.

Les réflexes des thuriféraires de la dictature de Ben Ali, qui parlaient à tout va du « changement du 7 novembre 1987 » ne semblent pas étrangers aux nostalgiques de l’avant-révolution.

A écouter > Cliquez ici 

PS : No comment pour Elloumi, ministre du tourisme et son drapeau « à découper pour les pauvres » ou pour l’autre ministre de l’environnement qui veut créer « l’agence des «  »moustiques.

Hafedh Caïd Essebsi a créé des structures parallèles à Nidaa Tounes d’après Raja Ben Slama

Raja Ben Slama

Tunis | « Il y a à Nida une ascension fulgurante de Hafedh Caïd Essebsi qui a créé des structures parallèles au sein des sections et des départements dans certaines régions du Pays, privilégiant un seul courant : les anciens rcdéïstes, » a déclaré ce mercredi 15 avril Raja Ben Slama à la Presse.

Il n’y a pas un complot ; c’est pire qu’un complot. Comment voulez-vous supporter l’insupportable. La médiocrité des hommes et des femmes politiques en Tunisie m’agace. Il y a à Nida une ascension fulgurante de Hafedh Caïd Essebsi qui a créé des structures parallèles au sein des sections et des départements dans certaines régions du Pays, privilégiant un seul courant : les anciens rcdéïstes. Cette manière d’agir entrave la marche démocratique du parti qui n’a pas encore tenu son Congrès. Outre cela, s’est constitué autour de M. H. Caïd Essebsi un groupe de courtisans parce qu’il est le fils du Président. Je renvoie ici les lecteurs au « Traité de la Boétie pour expliquer la servitude volontaire. Autre point essentiel: on ne connaît pas M. Hafedh C.Essebsi qui n’est jamais apparu à la télé pour parler. On ne peut pas faire de la Politique en « sous-traitance« . le nom Essebsi est connu en Tunisie ; Il s’est imposé car il a son histoire. Mais le fils doit se faire un Prénom. Il doit être modeste et s’assumer lui-même. En fin de compte, tout le monde se plaint de Hafedh C.E. mais personne n’agit.  je reviens donc à la servitude volontaire et à l’insupportable.

Mme Ben Slama est une universitaire tunisienne et une sympathisante acharnée de Nidaa Tounes contre les islamistes d’Ennahdha.

Pendant que le pays vit au rythme des grèves, des polémiques sur le harcèlement sexuel, sur la corruption dans les médias, la menace terroriste, les erreurs stratégiques du ministère des Affaires religieuses pour faire face à l’intégrisme, la faillite des sociétés publiques… le parti au pouvoir de Nidaa Tounes passe, lui, par sa première transformation politique interne. La guerre de succession à Béji Caid Essebsi, entre autres à cause de son fils Hafedh Caid Essebsi, et les guerres intestines au sein de Nidaa Tounes affaiblissent indéniablement la stabilité politique en Tunisie que certains pensaient, à tort, avoir après les élections.