Tunisie : Jusqu’à quand les médecins seront-ils complices de la supercherie des tests anaux envers les homosexuels ?

Anal test
Ce lundi 27 mars 2017, la société des réalisateurs de films a alerté l’opinion publique de l’arrestation d’un réalisateur tunisien avec un autre homme, le 13 mars, à Tunis. D’après leur communiqué, l’homme en question aurait “ reconnu avoir eu une relation homosexuelle avec lui. Sur cette base, le juge d’instruction a ordonné un test anal et a émis un mandat de dépôt contre eux.”
Actuellement, les deux hommes sont en détention à la prison de Mornaguia, accusés d’actes de sodomie selon l’article 230 du Code pénal.
Certes, nous subissons encore les lois rétrogrades de l’ Etat tunisien et nous espérons qu’avec la nouvelle Constitution du 27 janvier 2014 ainsi que la mise en place de la cour constitutionnelle, ce genre de lois liberticides soit à jamais révoqué. Cependant, les médecins tunisiens connus pour être des personnes scientifiques et très ouvertes au monde semblent contribuer à la supercherie du “test anal” qui, rappelons-le, ne prouve en AUCAN cas que telle ou telle personne est homosexuelle. Outre l’aspect absurde de ce test, qui condamnerait donc “les passifs” de l’acte de sodomie, l’intégrité physique des accusés ainsi que leur dignité sont violées sous le joug de l’inique loi.
En tant que citoyenne, je demande à tous les médecins de s’opposer à ce genre de pratiques dignes du Moyen Age. Indignez-vous pour l’amour de Dieu !

Rappel :

  • Article 7 :«Un médecin sollicité ou requis pour examiner une personne privée de liberté ou pour lui donner des soins ne peut, directement ou indirectement ne serait ce que par sa seule présence, favoriser ou cautionner une atteinte à l’intégrité physique ou mentale de cette personne ou à sa dignité.»

Code de déontologie tunisie, décret n° 93-1155 du 17 mai 1993, portant code de déontologie médicale.  (J.O.R.T n° 40 des 28 mai et 1er juin 1993 page 764)

  • Article 21 : «Tous les citoyens, hommes et femmes, sont égaux en droits et en devoirs, et sont égaux devant la loi sans aucune discrimination. »
  • Article 23 : « L’État protège la dignité de la personne et son intégrité physique, et interdit la torture morale et physique. Le crime de torture est imprescriptible. »
  • Article 24 : « L’État protège la vie privée et l’inviolabilité du domicile et la confidentialité des correspondances, des communications et des données personnelles. »

Constitution tunisienne de 27 janvier 2014

 

 

NB : Les deux personnes arrêtées risquent jusqu’à trois ans de prison en se basant sur une preuve fallacieuse qu’est le test anal.
Ps : Le nom du réalisateur a été publié le lundi 28 mars par la société des réalisateurs de films mais plusieurs militants de la société civile ont préféré garder l’anonymat du réalisateur après la demande de son épouse.
La peur continue à régner ce qui pousse beaucoup de personnes à se cacher afin d’éviter la « mauvaise réputation » mais aussi le lynchage et les mauvais traitements envers leur famille, ce qui est très compréhensible.
Entre deux feux, la société civile tunisienne essaye tant bien que mal de faire avancer les droits de la communauté LGBTQI + en Tunisie dans un contexte très compliqué.

Une étudiante yéménite en sciences politiques retrouvée calcinée chez elle au Caire

Mona Muftah

Une étudiante yéménite en sciences politiques a été brûlée par des criminels à l’aube du vendredi 24 juin 2016, au Caire selon des publications facebook de ses amis, repris plus tard par quelques médias égyptiens  … Malheureusement pour elle,  elle vivait en Egypte et de surcroit elle n’avait pas la nationalité italienne  comme Regini pour qu’une vraie enquête ou que les médias internationaux s’intéressent à son cas.

Bureau Caire Mona

Crédit Photo : Youm7

Dans la première photo, Mona est vivante, à Berlin ; dans la deuxième, elle n’est plus, brûlée  chez elle au Caire.

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Son nom est Mona Muftah, du Yémen, âgée de 30 ans ; elle était étudiante en sciences politiques au Caire. Le 24 juin, soit trois jours plus tôt, sa colocataire Hanadi Daail,Yéménite aussi, l’a retrouvé calcinée dans sa chambre. Elle aurait été dénudée, étranglée avec des fils électriques puis couverte d’une sorte de drap sur la tête, avant d’être brûlée. Les circonstances de ce meurtre restent ambigües.

Après le terrible spectacle, Hanadi a appelé la police mais après l’ enquête, soit 20 heures plus tard, toute la maison a été incendiée. Selon un responsable yéménite de l’Office des étrangers en Egypte, le deuxième incendie est « du à la chaleur du parterre ».

Mona était très studieuse et l’une des meilleures étudiantes. Elle a été invitée en Allemagne où elle a rencontré Günter Gloser, président du Groupe d’amitié parlementaire avec les pays du Maghreb au Bundestag. Sur google, presque aucun article n’a été écrit sur elle en français ou en anglais. Malheureusement pour elle, ce n’est qu’une « Yéménite » et son pays est en guerre. Des milliers meurent là-bas mais les médias ne s’intéressent pas à la situation de ce pays. A la une, c’est plutôt Trump ou le Brexit, même dans les médias arabophones.

Suivant de près ce qui se passe en Egypte, je lis avec lassitude les absurdités des enquêteurs égyptiens qui s’évertuent dans leur délire à maquiller le crime comme ça été fait pour l’étudiant italien Giulio Regeni. Selon eux, c’était un banal vol suivi d’un meurtre.

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Tunisie : Les terroristes ont beaucoup de liberté pour recruter dans les prisons d’après un rappeur

 

Mohamed Zorgui, alias 7amma Gladiateur, affirme dans une video partagée par Mosaique FM ce mardi 17 mars que « les terroristes ont une grande liberté d’agir dans les prisons ». Il a été lui même approché pour faire partie de leur organisation. 

Témoignage : 

Ils parlent avec les gens et diffusent leur idéologie. Ils ciblent ceux qui sont pauvres, ceux qui n’ont pas assez de connaissances religieuses, du Coran,… Ceux qui n’ont pas une forte personnalité. On m’a dit que je pouvais porter les armes puisque j’ai passé mon service militaire en 2009. Ils m’ont dit que je devais propager cette idéologie une fois que je serai hors de prison. (rire). Ils ont beaucoup de liberté en prison. Dans une chambre, il y a un minimum 100 personnes, 80 partagent leurs idées… Ils nous disent que l’organisation est forte. Ils nous font des promesses de paradis, on nous parle des vierges, qu’il faut mourir pour Dieu, …

Le rappeur affirme avoir fait part de ses inquiétudes  aux responsables de prison appelant à la mise en place de solutions « pour les racines de ce fléau ».
D’après M. Zorgui,  il n’y a pas d’activité dans le centre culturel pénitencier. On y parle seulement des problèmes d’MST et d’IST d’après lui.
Il explique aussi comment le mauvais traitement des agents pénitenciers devient un argument pour les terroristes. « Regardez comment ils vous traitent » nous disent-ils…

7amma Gladiateur veut chanter pour aider les jeunes et les prévenir contre ce genre de recrutement. Il va même jusqu’à proposer d’offrir ses spectacles gratuitement.