La Tunisie peut aussi être contrôlée par « Daech » … Tout le monde devrait en être conscient

Un exemple édifiant : Comment Daech a fini par contrôler Raqqa en Syria ?

Dans cet excellent reportage de France 24 (cliquez ici pour le regarder), Aya, une jeune syrienne, raconte sa vie … Jusqu’à la fin de l’année 2013, elle se baladait dans sa ville, Raqqa, avec des vêtements qui n’ont rien à voir l’islamisme. On sentait l’arrivée de Daech, dit-elle … cependant rien n’a été fait pour arrêter cela. L’opposition s’est retirée.

Il suffisait d’avoir une arme pour contrôler une cité et constituer la base populaire, explique la jeune activiste.

L’une des choses les plus marquantes dont témoigne Aya, c’est au sujet de ceux qui étaient contre Daech … et qui ont fini par y adhérer.

En Tunisie, nous risquons le même sort aussi, puisque « Daech » est un phénomène endogène et non exogène à notre société, chose que certains refusent de voir, malgré les milliers de combattants tunisiens dans zones occupées par l’Etat islamique, sans parler des défaillances sécuritaires …

Je pose aussi la question : Comment un pays qui n’arrive pas à avoir une « politique » de ramassage de poubelles peut-il avoir une politique sécuritaire efficace ?

Le constat est amer … Et comme l’a dit mon amie Deborah, « ouvrir un dialogue social, une réconciliation nationale, même avec les courants islamistes modérés, en tant que partie intégrante de la société, s’avère toujours plus urgent pour dépasser les conflits identitaires et la spirale de la violence. »

Les stigmatiser, créer de nouveaux ennemis alors qu’un danger plus grand guette le pays, est loin d’être judicieux comme politique.